Le russe, une langue pour l’export

L’omniprĂ©sence de la langue anglaise sur la scĂšne internationale est incontestable. Et nous avons une tendance Ă  nĂ©gliger les autres langues. À tort.

Comme le russe ! Cet article est une plaidoirie en faveur du russe, mais il pourrait concerner n’importe quelle autre langue « victime Â» d’unilinguisme.

Article de Génia Antonini

Dans le contexte de morositĂ© Ă©conomique europĂ©enne de plus en plus d’entreprises françaises se tournent vers les pays Ă©mergents, dont le niveau de croissance reste prometteur. IdĂ©alement le dĂ©partement export doit avoir une Ă©quipe des spĂ©cialistes multilingues, mais en rĂ©alitĂ© souvent  les capacitĂ©s linguistiques de l’entreprise se rĂ©sument Ă  la maĂźtrise de la langue anglaise. Sans nier l’importance de cette langue au niveau international, nous voulons vous mettre en garde contre cette attitude monolinguiste, qui pourrait desservir votre business. La Russie est un exemple flagrant  des pays qui privilĂ©gient sa langue natale pour plusieurs raisons.
Nous vous Ă©pargnerons des platitudes que chaque centre de langues sort systĂ©matiquement pour convaincre de l’importance du russe, du genre : “c’est une grande langue de TolstoĂŻ et DostoĂŻevski, dont la maĂźtrise vous enrichira personnellement et culturellement”. Tout cela est certes vĂ©ridique, mais peu convaincant dans le monde du business.

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Alors, pourquoi apprendre le russe pour faire de l’export en Russie, tandis qu’on peut se dĂ©brouiller en anglais ?
Voici quelques points pour vous faire changer d’avis.

1. Le russe est une langue de l’administration. Une fois l’étape des premiĂšres nĂ©gociations franchie, il est  temps de signer le contrat. Et selon la lĂ©gislation russe ce contrat est obligatoirement bilingue : français russe ou anglais russe. Vous avez donc intĂ©rĂȘt Ă  vĂ©rifier scrupuleusement toutes les clauses pour Ă©viter les maladresses de traduction et les diffĂ©rences de termes en deux langues, car, en cas de litiges, cela peut vous porter prĂ©judice. Il est fortement conseillĂ© de faire relire votre contrat par un juriste spĂ©cialisĂ© dans ce domaine, mais cela ne vous Ă©pargnera malheureusement pas les problĂšmes de traduction. Personne ne connaĂźt mieux votre affaire que vous-mĂȘme, alors pour ĂȘtre sĂ»r de votre affaire, mieux vaut savoir dĂ©chiffrer votre contrat en russe.
La douane reste toujours une question Ă©pineuse. Aujourd’hui, la plupart des marchandises sont libres d’ĂȘtre importĂ©es en Russie Ă  condition de respecter un certain nombre de conformitĂ©s. Suivant votre activitĂ©, les autoritĂ©s russes peuvent vous demander la dĂ©claration GOST, la procĂ©dure par laquelle le fabricant assure que les produits concernĂ©s sont conformes aux exigences locales russes qui leur sont applicables. Cette dĂ©claration est toujours en russe.
Si vous optez pour une facture commerciale en anglais (la pratique assez rĂ©pandue), n’oubliez pas de faire sa traduction assermentĂ©e, car en pratique peu de douaniers russes parlent une autre langue Ă©trangĂšre. Et si le douanier ne comprend pas, il ne va pas chercher plus loin et sans aucun doute bloquera votre marchandise jusqu’aux prochaines instructions. Cela vous coĂ»tera du temps, de l’argent et, bien sĂ»r, des crises de nerf.
Il existe toute une liste de documents Ă  fournir lors du passage en douane et notre conseil est de vous tourner vers un professionnel, appelĂ© communĂ©ment le broker (transitaire), qui se chargera d’accomplir les formalitĂ©s administratives Ă  votre place, mais cela ne vous dispense pas de l’obligation de suivi et ne dĂ©gagera pas votre responsabilitĂ© en tant que chef d’entreprise. VoilĂ  pourquoi il est prĂ©fĂ©rable d’avoir une personne bilingue russe dans votre Ă©quipe ou un intervenant extĂ©rieur.

2. Le russe est une langue de confiance.
Ce ne sont ni les paroles en l’air, ni la parenthĂšse romanesque sur la place de la confiance dans la sociĂ©tĂ© russe. Le systĂšme de business en Russie marche selon des critĂšres diffĂ©rents de ceux que nous connaissons en Europe. Le chef d’entreprise russe se mĂ©fie du systĂšme judiciaire, trop flou et imparfait. La loi n’est pas un garant, mais plutĂŽt un boulet pour ceux qui font le recours Ă  son aide. Par opposition, les relations de confiance entre patrons restent une meilleure façon de faire des affaires, car rĂ©gler des conflits Ă  l’amiable est moins chers et plus sur pour tout le monde.
Le patron Ă©tranger qui maĂźtrise la langue russe qui est capable de discuter sans intermĂ©diaire suscitera plus de confiance par rapport au pur anglophone. MĂȘme si votre niveau n’est pas parfait, vos interlocuteurs apprĂ©cierons l’effort et seront plus favorable Ă  votre Ă©coute.
D’ailleurs, mĂ©fiez-vous de l’idĂ©e reçue, selon laquelle tout le monde parle bien anglais en Russie. AprĂšs avoir cĂŽtoyĂ© les chefs d’entreprises de tout espace CEI, nous savons par expĂ©rience que leur niveau d’anglais est surtout intermĂ©diaire et, par consĂ©quent, approximativement 15-20% de discours passent Ă  la trappe. Cela peut sĂ©rieusement entraver les nĂ©gociations.

3. Le russe est un tremplin pour d’autres pays d’ex-Union soviĂ©tique.
Le russe est Ă©galement intĂ©ressant du point de vue pragmatique pour votre Ă©ventuelle expansion. Compte tenu de l’hĂ©ritage soviĂ©tique, la plupart des rĂ©publiques d’ex-URSS sont russophones. Les unes plus que les autres, bien Ă©videmment. Parmi elles, la BiĂ©lorussie, le Kazakhstan, l’Ukraine, le Tadjikistan, le TurkmĂ©nistan, la Lettonie, l’Estonie. Vous aurez l’avantage de commencer les nĂ©gociations en russe, car souvent ces pays sont parfaitement bilingue russe, ce qui n’est pas toujours le cas d’autres langues Ă©trangĂšres (anglais, français, allemand).
Sachez que l’union douaniĂšre entre La Russie, la BiĂ©lorussie et le Kazakhstan, entrĂ©e en vigueur depuis janvier 2012, vous garantit la libertĂ© de commerce des marchandises et des services, ainsi que la libertĂ© de mouvement des capitaux financiers et des ressources humaines entre ces trois pays. Cela vous donne un large Ă©ventail de possibilitĂ©s commerciales.

4. Le marché CEI est immense.

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Avec plus de 240 millions de consommateurs recensĂ©s en 2012, c’est un marchĂ© Ă  fort potentiel.
La prĂ©vision de croissance pour l’annĂ©e 2013 est de 3.6% pour l’ensemble de CommunautĂ© d’États IndĂ©pendants, contre 2.6 % de croissance mondiale (du luxe, par rapport au taux prĂ©visionnel de 1.1% pour l’Europe). Ainsi, cette dynamique consommatrice permet aux entreprises europĂ©ennes prĂ©sentes dans les pays CEI d’obtenir des rĂ©sultats encourageants.
Par exemple, les gĂ©ants français comme Renault – Nissan, Auchan, SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale font des profits considĂ©rables lĂ -bas, tandis qu’en Europe leur activitĂ© patine.
Mais les PME peuvent Ă©galement tirer leur Ă©pingle du jeu. (D’ailleurs, nos premiers concurrents, les entreprises allemandes ont tout compris depuis longtemps.)
Le succĂšs fracassant du salon des produits de luxe « L’Art de vivre Ă  la française Â» Ă  Moscou tĂ©moigne du potentiel français. Mais cela concerne Ă©galement le domaine d’ingĂ©nierie, de nouvelle technologie, de pharmacie, etc.
Alors, la question est : qu’attendez-vous pour commencer le russe ?

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