Mundolingua, un musĂ©e vivant

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Une initiative privée de passionnés et de professionnels bénévoles des langues étrangÚres et du langage à deux pas du sénat à Paris.

Mundolingua, musée des langues, linguathÚque ou repaire de geeks?

MusĂ©e (vivant des langues) et unique en Europe, cet antre cache une sĂ©rie d’ateliers de dĂ©couverte du langage. PrĂ©sentĂ©s en six langues, celles officielles de l’ONU (Anglais, Français, Arabe, Russe, espagnol, chinois), et animĂ©s par des bĂ©nĂ©voles multilingues, ils  permettent ainsi Ă  la plupart des visiteurs Ă©trangers (et ils sont nombreux) de participer Ă  la fĂȘte !

Chaque atelier prĂ©sente une leçon simple et interactive sur un thĂšme comme les langues dans le monde, un quizz, les langues artificielles, le cryptage… avec une Ă©coute audio Ă©ventuelle (casque fourni Ă  l’entrĂ©e). Autour de chaque atelier sont placĂ©s des Ă©lĂ©ments complĂ©mentaires (souvent curieusement amĂ©nagĂ©s) et, un peu partout dans le musĂ©e Ă  deux Ă©tages, un bric-Ă -brac d’objets et de documents. La visite demande du temps et peut-ĂȘtre aussi un petit calepin pour prendre quelques notes.

Les thĂšmes abordĂ©s sont « grands publics » ou « pointus ». Le mĂ©lange des deux n’est pas toujours Ă©vident pour les visiteurs et souvent des objets intĂ©ressants sont un peu trop enfouis. Une bibliothĂšque, un coin jeux, une miniboutique et un espace vidĂ©o complĂštent le tout. Un rayon librairie propose une large gamme exclusive de produits Assimil.

Des confĂ©rences originales et inĂ©dites sont Ă©galement proposĂ©es. Un des grands atouts de ce musĂ©e trĂšs vivant !

Un atelier « standart »

atelier

L’une des pĂ©pites, la machine Ă  produire de la langue de bois

politico

La génÚse

Ce sont des confĂ©rences Ă  tout petits prix sur des Sujets trĂšs pointus mais pour un grand public. Et des Ă©rudits en « live » ! Consulter le site de Mundolingua pour en dĂ©couvrir les prochaines!

Les jeudis de Mundolingua

Des exemples (passés):

« Les origines Ă©gyptiennes de l’alphabet Â»

Les premiers qui ont su isoler, dans leur Ă©criture, les sons consonantiques, ce sont les Égyptiens.  Mais ils n’ont jamais utilisĂ© ces signes pour noter toute leur langue.
Les CananĂ©ens, Ă  leur contact, crĂ©ent un systĂšme alphabĂ©tique composĂ© d’une trentaine de pictogrammes Ă  partir desquels Ă©mergeront les lettres de l’alphabet phĂ©nicien, tronc commun des alphabets sĂ©mitiques puis du grec, de l’Ă©trusque et du latin.

Par Rina Viers. Une confĂ©rence fascinante et rĂ©vĂ©latrice des liens entre les langues et des racines Ă©gyptiennes de l’alphabet français. Une Ă©rudite et voyageuse remarquable Ă©tait Ă  la manƓuvre. L’espace de Mundilingua est dĂ©finitivement devenu trop petit pour accueillir ses aficionandos…


Les langues indo-europĂ©ennes : Un seul modĂšle de parentĂ© ?  Par Jean-Paul Demoule. La dĂ©couverte, vers la fin du 18ᔉ siĂšcle, de la parentĂ© entre les langues indo-europĂ©ennes, a Ă©tĂ© immĂ©diatement interprĂ©tĂ©e comme provenant de l’existence d’un antique peuple primitif (Urvolk en allemand), qui aurait parlĂ© sa langue primitive (Ursprache, en allemand) dans sa patrie primitive (Urheimat en allemand). Ce modĂšle s’appuyait Ă  la fois sur le mythe biblique de la Tour de Babel, qui avait vu dans les siĂšcles prĂ©cĂ©dents les Ă©rudits chercher Ă  classer toutes les langues du monde en un arbre unique, dĂ©rivant Ă©ventuellement de l’hĂ©breu ; et sur l’exemple historique du latin, Ă  l’origine de toutes les langues romanes. Il est formalisĂ© au milieu du 19Ăšme siĂšcle par August Schleicher, botaniste et introducteur du darwinisme en Allemagne, le premier Ă  tracer un tel arbre et Ă  Ă©crire une fable dans la langue primitive reconstituĂ©e. Il ne sera ensuite plus jamais remis en cause par les linguistes indo-europĂ©anistes de stricte obĂ©dience. Toutefois, en dehors de la linguistique, la recherche archĂ©ologique, voire anthropologique et biologique, d’un tel peuple primitif s’est heurtĂ©e rĂ©guliĂšrement Ă  de nombreuses difficultĂ©s, sinon contradictions. C’est pourquoi, dĂšs la fin du 19ᔉ siĂšcle, deux des principaux Ă©lĂšves de Schleicher ont proposĂ© des contre-modĂšles : Johannes Schmidt avec la « thĂ©orie des vagues Â» (Wellentheorie), et Hugo Schuchardt avec l’exemple des langues mixtes et des crĂ©oles, qu’il fut le premier Ă  explorer de façon systĂ©matique. UltĂ©rieurement, avec NikolaĂŻ Troubetzkoy et la notion d’aire linguistique (Sprachbund), la piste de modĂšles alternatifs a continuĂ© d’ĂȘtre explorĂ©e. C’est donc certainement dans cette direction que la solution historique de la parentĂ© entre les langues indo-europĂ©enne pourra ĂȘtre peu Ă  peu approchĂ©e.


Langues et mondialisation, par Louis-Jean Calvet. Environ sept mille langues et deux cents pays : le monde est plurilingue. Mais la mondialisation a instituĂ© un vĂ©ritable marchĂ© aux langues sur lequel elles n’ont pas le mĂȘme poids, pas la mĂȘme valeur. Cette situation sera prĂ©sentĂ©e Ă  partir du BaromĂštre des langues du monde Langues et mondialisation, par Louis-Jean Calvet.


Tabous et euphĂ©mismes, les insĂ©parables, par Nicolas Ragonneau. Toutes les sociĂ©tĂ©s ont des tabous et tous les locuteurs dĂ©veloppent des stratĂ©gies d’évitement ou d’attĂ©nuation des interdits, qui sont autant d’euphĂ©mismes. Quelque peu oubliĂ©s par la linguistique, les euphĂ©mismes intĂ©ressent le corps, le sexe, la mort, la religion, les massacres de masse ou les scandales que les États veulent cacher sous le tapis
 sans parler de la race, sans doute le mot le plus tabou de la langue française, et d’autres. Nicolas Ragonneau des Ă©ditions Assimil, auteur de plusieurs articles sur le sujet, revient sur les mĂ©canismes d’euphĂ©misation et offre de nombreux exemples dans plusieurs langues. Une intervention sans circonlocutions, mais pleine d’humour noir.


SoirĂ©e proverbes. Pour cette derniĂšre soirĂ©e, Mark le fondateur du musĂ©e animera une soirĂ©e interculturelle. Nous ferons participer notre cher public qui jusqu’ici a Ă©tĂ© fidĂšle et impliquĂ© dans chacune de nos soirĂ©es. Chaque participant viendra avec son proverbe prĂ©fĂ©rĂ© que nous allons ensuite partager, et avec l’aide d’un expert dans ce domaine, nous les analyserons. En effet, il y a des proverbes qui se traduisent quasi-mot pour mot dans plusieurs langues, d’autres qui vĂ©hiculent les mĂȘmes messages, mais qui utilisent d’autres images, et puis il y a des proverbes qui n’ont pas de traduction et qui n’existent que dans une seule langue et culture. Pour cette derniĂšre soirĂ©e, Mark le fondateur du musĂ©e animera une soirĂ©e interculturelle. Nous ferons participer notre cher public qui jusqu’ici a Ă©tĂ© fidĂšle et impliquĂ© dans chacune de nos soirĂ©es. Chaque participant viendra avec son proverbe prĂ©fĂ©rĂ© que nous allons ensuite partager, et avec l’aide d’un expert dans ce domaine, nous  les analyserons. En effet, il y a des proverbes qui se traduisent quasi-mot pour mot dans plusieurs langues, d’autres qui vĂ©hiculent les mĂȘmes messages, mais qui utilisent d’autres images, et puis il y a des proverbes qui n’ont pas de traduction et qui n’existent que dans une seule langue et culture.

💜 Nous aimons

Note : 2 sur 5.
  • l’incroyable travail de collection et de crĂ©ation
  •  La richesse des ressources
  • les prĂ©sentations interactives claires quelque soit la complexitĂ© du sujet
  • L’ambiance studieuse et curieuse
  • la passion et disponibilitĂ© des bĂ©nĂ©voles
  • La mini-boutique pour les fĂ©tichistes des langues avec ses objets originaux
  • Les confĂ©rences pointues et les animations sympathiques
  • Le prix
  • le concept et l’initiative

🌧 Nous aimons moins

  • Le confort des chaises des ateliers (on veut rester des heures đŸ™‚
  • Trop d’objets ou de ressources un peu trop enfouis
  • Quelques ateliers pas Ă©vidents ou moins ludiques
  • L’opportunitĂ© manquĂ©e de faire un lieu d’activitĂ©s langues type cafĂ©

Caverne d’Ali baba aux cinquante traducteurs, le musĂ©e est une rĂ©ussite dĂ©jĂ  par son existence. Loin de la rigiditĂ© de la culture française et de son ministĂšre, usine Ă  subventions et d’egos, ce lieu unique Ă  Paris et en Europe doit ĂȘtre encouragĂ© (des bĂ©nĂ©voles en assurent dĂ©jĂ  l’ouverture) et est un symbole vivant de ce que devrait ĂȘtre la « culture » aujourd’hui Ă  Paris car, qui d’autres qu’un NĂ©o-ZĂ©landais voudrait crĂ©er un musĂ©e Ă  Paris sans subventions ni piston gĂ©ant ? MusĂ©e, mais actif avec ses ateliers et ses confĂ©rences Ă  l’image du palais de la dĂ©couverte. Proche du quartier des facultĂ©s, un Ă©tranger du bout du monde (et son Ă©quipe) donne une leçon de savoir ĂȘtre et faire aux intellectuels trop souvent engourdis qui s’y pavanent.

Tout rĂ©cent, il est intĂ©ressant de suivre (et d’encourager) l’Ă©volution de ce musĂ©e hors normes qui pourrait ĂȘtre le dĂ©veloppement d’animations originales en plus grand nombre.

Mundolingua, c’est aussi un nid d’hyperpolyglottes de la capitale et on rĂȘverait d’un coin cafĂ© ou co-working pour les rencontrer.

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