PathĂ©tique…
Coté écoles
Un monde Ă part qui se caractĂ©rise par un ton sĂ©rieux et corporate qui diffĂšre du monde des Apps ! En affichant le label « entreprise », les Ă©coles prennent un gros coup de « pompositĂ© » pour une matiĂšre, les langues, qui n’ont pourtant pas grand-chose de diffĂ©rent que celles dans le « civil »… On est en fait plus dans la chasse aux milliards (+ de 30) des subventions issues d’une obligation de cotisation plutĂŽt qu’une offre de service au meilleur rapport qualitĂ©/prix. Pour mĂ©moire, les « OPCO » et autres organismes shadocks pompeurs n’existent pas en Allemagne oĂč les entreprises sont les principales organisatrices de formation ou achĂštent des services sur un marchĂ© libre comme pour tout fournisseur, comme des grandes et sans passer par des « autorisations » !
Le marchĂ© soviĂ©tique français a donc pour consĂ©quences un formatage des tarifs vers le haut puisque l’argent obligatoirement prĂ©levĂ© doit ĂȘtre « dĂ©pensĂ© » et poussent les entreprises Ă prendre des formations classiques et calibrĂ©es par des administrations/organismes dont la pĂ©dagogie n’est ni la spĂ©cialitĂ© ni la prioritĂ©. Il ne faut donc pas avoir Ă convaincre une entreprise qui n’aurait pas d’obligation de cotisation pour vendre son prix et produit, il s’agit simplement d’arracher une part du gĂąteau offert.
Bien sĂ»r, la paperasse est reine et engendre des tĂąches administratives disproportionnĂ©es (et les dĂ©bats politiques permanents) conduisant les Ă©coles Ă faire plus du papier et essayer de suivre les normes (qui Ă©touffent les petites structures originales) qu’Ă dĂ©velopper leurs produits et efficacitĂ©s.
Cet aspect est particuliĂšrement nuisible aux formations langues (elles n’Ă©taient mĂȘme pas incluses au dĂ©part dans le projet CPF!!), car le maillon faible des Français est le « parler » des langues, mais ceci est non « certifiant » donc en dehors des clous. On reste alors le plus souvent dans un tunnel de formation pour passer un examen comme le TOEFL. RĂ©ussir le code sans cours de conduite et partir ensuite sur les routes, en somme.
La « dĂ©globalisation » en cours et l’essor d’autres langues des affaires comme le mandarin n’a toujours pas Ă©tĂ© actĂ©e et comprise par la majoritĂ© des Ă©coles de langues en mode passĂ©iste et routiniĂšre. La vente de formations longues, mal vues des entreprises (la durĂ©e moyenne des formations a chutĂ©) est handicapĂ©e par l’apprentissage des langues qui est, par nature, de longue durĂ©e. Celles nĂ©cessitant de partir du niveau zĂ©ro sont les pires et la mieux tolĂ©rĂ©e est, sans surprise, la vague du tout anglais de l’Ă©ducation nationale qui leur facilite la tĂąche en leur fournissant des Ă©lĂšves avec des acquits… Bonus pour les Ă©coles de langue, une masse de prospects suffisamment mauvais en pratique pour alimenter le marchĂ© permet d’Ă©viter des aventures linguistiques avec trop de bouleversements auxquels elles ne sont pas prĂ©parĂ©es pour la plupart.
Coté entreprises
Les entreprises sont souvent responsables d’une pression de rĂ©sultats pour une matiĂšre trĂšs longue Ă apprendre. Le « c’est pour demain » s’accommode mal avec « j’apprends une langue » et l’entreprise doit anticiper ses besoins, par exemple pour l’ouverture d’un nouveau marchĂ© export des annĂ©es en avance.
Un niveau « fluent » exigĂ© Ă l’embauche est souvent peu utilisĂ© dans la rĂ©alitĂ© et dĂ©courage des talents autres que linguistiques et ne tient pas compte d’un potentiel d’apprentissage pourtant fondamental pour Ă©voluer avec l’entreprise. D’autres sont bloquĂ©s sur le tout anglais et auront du mal Ă se remettre en cause en apprenant une nouvelle langue comme grand dĂ©butant. D’oĂč la volontĂ© Ă la fois inconsciente et prĂ©dicatrice de tout vouloir ramener Ă l’anglais et qui a des inconvĂ©nients…

Un autre Ă©lĂ©ment interne est la peur d’infĂ©rioritĂ© de supĂ©rieurs craignant de perdre de l’autoritĂ© en ayant des personnels meilleurs qu’eux dans une langue. On dĂ©couragera ou mĂȘme interdira l’usage d’autres langues si le chef ne parle que l’anglais. Ă l’Ă©tranger, les natifs de la langue locale doivent parler sa langue pour se faire bien voir. La langue qu’il connait sera celle de rĂ©fĂ©rence et on Ă©vitera les interprĂštes qui impactent son aura et le budget…
Notons la course Ă l’inefficacitĂ© en privilĂ©giant Ă l’embauche ou promotion ceux qui parlent « anglais » au dĂ©triment des rĂ©elles compĂ©tences d’un poste ou encore la dĂ©mobilisation des Ă©quipes non natives moins bien reconnues au nom de la « religiositĂ© » de l’anglais.

On remarque aussi une absence frĂ©quente de toute stratĂ©gie ou rĂ©flexion langue dans les entreprises. Le copycat de quelques multinationales phares remplace la rĂ©flexion sans se poser les bonnes questions et Ă©viter les erreurs… Ă l’heure des rachats et expansion d’entreprises Ă©trangĂšres comme les chinoises, le monde anglo-saxon semble d’ailleurs ĂȘtre beaucoup moins friand du monolinguisme prĂŽnĂ© dans les affaires (rĂ©unions toutes en mandarin, is it OK ?) đ
S’informer aussi des problĂšmes dĂ©rivĂ©s de l’usage unique de l’anglais alors que mĂȘme la majoritĂ© des locuteurs natifs de cette langue ne sont pas AmĂ©ricains/Britanniques, mais Indiens (l’Inglish est donc la forme anglaise majoritaire…).
On a vu Ă©galement apparaĂźtre, avec l’internationalisation, le phĂ©nomĂšne de discrimination linguistique. Une rĂ©flexion encore bien Ă©trangĂšre en France…
Le choix des langues est aussi restreint Ă l’anglais (la forme gĂ©nĂ©rique en mode anglais d’aĂ©roports) mais qui n’est pas un avantage concurrentiel dans un pays non-anglophone oĂč le concurrent avance avec la langue locale. Ne pas parler allemand en Allemagne ou mandarin en Chine et vous ĂȘtes facilement hors-jeu. Notons aussi que les Britanniques avec leurs nombreux idiomes ont souvent du mal Ă se faire comprendre dans les rĂ©unions internationales s’ils n’adaptent pas leur langage.
Le monde Ă©volue…L’anglais langue des affaires, pour toujours?
Constat
L’inadaptation de nombreuses Ă©coles est Ă pleurer et l’innovation au mieux un vĆu pieux mal traduit sur leurs pages web. Pour ĂȘtre honnĂȘte, entre l’univers administratif français, le collectivisme (la moitiĂ© environ du PIB dĂ©pend de l’Ă©tat), l’inaptitude de beaucoup d’entreprises françaises Ă intĂ©grer l’export et la mĂ©connaissance du monde des langues et des nouveaux enjeux gĂ©opolitiques (recul du soft power anglo-saxon, relocalisation des cultures, la montĂ©e dĂ©mographique ou Ă©conomique de pays « tiers »…), on peut trouver quelques excuses ! Mais, surtout ne pas aller voir Ă l’Ă©tranger et faire des comparaisons pour ne pas voir la baleine Ă©chouĂ©e de la formation française !
Bien comprendre aussi que nous sommes dans « le monde du silence », leurs survies dĂ©pendant de l’administration et des officines.
Que faire ?
1-Prendre conscience et sortir de sa bulle pour visualiser le fossĂ© de l’innovation et de l’efficacitĂ©.
2-Prendre en main sa formation langue en envisageant fortement de le faire en dehors des produits « conventionnĂ©es ». Le capital « langues » est avant tout personnel et peut servir en dehors du travail (vacances, rencontres…). L’entreprise « qui doit tout payer » est donc une mauvaise stratĂ©gie personnelle en langues Ă©trangĂšres.
3-Demandez Ă une Ă©cole de langue ses prix pour un particulier (quand elles le proposent…) et comparer avec ceux pour l’entreprise et ceux du marchĂ© libre. Le diffĂ©rentiel de prix est frappant pour exactement le mĂȘme cours (c’est dire l’artificialitĂ© des prix), les Ă©coles de formation en mode professionnel Ă©tant peu abordables pour des particuliers, il faudra se tourner la plupart du temps vers des produits made hors de France en ligne… Il existe aussi sur le web des quantitĂ©s d’outils gratuits !

Amazing Talker, une plateforme de mise en contact, affichant ses prix :

4-Vu l’Ă©tat des lieux, nous offrons aussi gratuitement un guide pour aider les entreprises Ă organiser une animation pour « apprendre Ă apprendre une langue », une compĂ©tence absente tant le conditionnement scolaire et l’imposition des mĂ©thodes par les Ă©coles sont admises inconsciemment par les apprenants. « c’est vous le patron » doit devenir votre motto en ne laissant pas les autres imposĂ©s leur vision.
5-De nouvelles d’Ă©coles, le plus souvent des petites structures, dĂ©veloppent des stratĂ©gies gagnantes pour l’apprenant. Cependant, elles galĂšrent avec les normes et autres « qualifs/califes » pour entrer dans le moule normatif Ă la française. Voici quelques exemples :
Bien sĂ»r, des Ă©coles de langues bougent et cherchent Ă crĂ©er de nouvelles formes d’apprentissage efficaces (mĂȘme si beaucoup ne font qu’imiter ce qui existe depuis 15 ans ailleurs dans le monde), mais sont handicapĂ©es par leur bulle française et la propension Ă coller des idĂ©es sur de vieux schĂ©mas de vente. Un tour sur les sites d’Ă©coles de langues Ă©trangĂšres (comme avec Cambly ou LTL) vous permettront d’avoir un aperçu et de comprendre ce que vous n’avez pas dans les catalogues de la formation professionnelle, car la fameuse « prise en charge » n’est pas possible…
Pathétique.
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