New tech pour les langues

Hier sujet de moquerie, elle se gĂ©nĂ©ralise sur le web, dans l’entreprise et sur votre mobile…

Des idĂ©es innovatrices et des pĂ©dagogues sans complexe, des prix en baisse, un apprentissage Ă  distance… et une nouvelle vague de pratiques linguistiques qui rĂ©volutionnent la vision et l’apprentissage des langues mais dĂ©sorientent Ă©galement les entreprises et les apprenants.

Nouveau paradigme pour l’apprentissage

L’ E-Learning « officiel », celui des entreprises (Quelques chiffres clĂ©s Cegos de l’E-learning), n’est que la partie immergĂ©e de l’iceberg tant celui du web ouvert s’est dĂ©veloppĂ©…

Cours par tĂ©lĂ©phone, cours particuliers, cours collectifs, sites on-line gratuits ou/et payants cours en immersion France ou Ă©tranger, sĂ©jours linguistiques, cours DVD,  « lean » mĂ©thodes , organismes culturels, clubs de conversation, communautĂ©s linguistique….la « cuisine » de l’apprenant devient complexe et globale. Il se crĂ©e chaque mois (chaque semaine? Chaque jour?) de nouveaux supports pĂ©dagogiques aux arguments les plus flatteurs les uns que les autres (d’oĂč l’idĂ©e du site!) et se retrouver dans cette jungle d’outils devient de plus en plus difficile!

Un nouveau paradigme est aussi nĂ©; on choisit son professeur, sa mĂ©thode, ses outils (Ă  l’inverse de l’Ă©cole) et l’on peut travailler chez soi! Les MOOC le dĂ©montrent Ă©galement en envahissant le paysage…

Exemples:

  • Toute la culture des cours on-line avec openculture.com
  • Les ressources de l’excellent site francophone primlangues.education.fr

Les tendances actuelles sont aux formations mixte (blended), Ă  l’intra-entreprise, aux cours individuels en ligne et Ă  la rĂ©duction de la durĂ©e de formation et des dĂ©placements.

La notion de coĂ»t est entrĂ©e en force dans le monde de la formation ces derniĂšres annĂ©es et en modifie le paysage. Reste Ă  intĂ©grer le rapport qualitĂ©-prix, maĂźtriser « la course au temps » toujours dĂ©favorable Ă  une bonne formation,  gĂ©rer le sous-effectif chronique des entreprises françaises, les 35 heures oĂč il faut caser les formations de plus en plus courtes d’entreprises françaises aux marges les plus faibles d’Europe (pas terrible pour investir) avec la baisse prĂ©visible des budgets et le maquis/gachis) de la formation en France.

Ajoutons Ă  ce tableau noir le casse-tĂȘte du financement de la formation en ligne Financement du E-learning. et  la rigiditĂ© lĂ©gislative avec, pour les langues, l’obligation de formations « diplĂŽmantes » pour le compte CPF, Ă©liminant les formations originales et pragmatiques particuliĂšrement efficaces en langues Ă©trangĂšres.

AprĂšs l’Ă©chec des langues Ă  l’Ă©coles, appliquons la recette aux entreprises pour plaire aux grands organismes de formations et aux mamouths du monde occulte de la formation et pourquoi faire simple quand on peut faire compliquĂ©

De nouveaux espaces sont trop timidement abordĂ©s par la formation professionnelle (le cours face Ă  face est remplacĂ© par un skype-like) et remettent en question nombre de fĂącheuses habitudes acquises par une obligation de prĂ©lĂšvements pour la formation (imaginer les organismes de formation sans cette manne  et devant se vendre…).

Des outils efficaces Ă  10 euros par mois ne peuvent intĂ©resser ces organismes pourtant complĂ©mentaires et qui permettraient de se concentrer sur un noyau dur de grammaire et de conversation dans les cours…

Un aspect aussi trĂšs oubliĂ© de la formation et un secret d’une bonne formation langue aujourd’hui, c’est d’abord apprendre Ă  apprendre et pouvoir pratiquer en toute autonomie au lieu de se contenter de vous plaquer des cours standardisĂ©s (avec une pincĂ©e de nouveau marketing) sur votre planning et pomper le flot abondant des financements de la formation professionnelle…

Plaquettes ou sites colorĂ©s, discours creux et flatteurs sont Ă  l’affiche et les rĂ©sultats aussi lĂ©gers que la cendre de leurs cigares dans le monde de la formation en langues Ă©trangĂšres. Sinon ça se saurait dans les sondages sur les langues et les Français…

Le CPF, aux ressources rĂ©duites et sa position de « c’est moi le patron et mon pognon », va d’ailleurs en faire rĂ©flĂ©chir beaucoup sur le fonctionnement de ce secteur en terme de rapport qualitĂ©-prix, pertinence, complexitĂ© des procĂ©dures ou encore efficacitĂ©!

Une forte tendance est en plein developpement car, au-delĂ  d’Umberto Eco et de son expression « la langue de l’Europe, c’est la traduction », celle automatique est celle du monde futur (et dĂ©jĂ  bien prĂ©sente !) et bouleverse dĂ©jĂ  celui des langues. L’appellation officielle est TAO, Traduction AssistĂ©e par Ordinateur.

TrĂšs limitĂ©s Ă  ses dĂ©buts, comme des dictionnaires ou de simples phrases, les logiciels se perfectionnent aujourd’hui Ă  vitesse grand V (comme Voice) avec plus de prĂ©cision (comme DeepL et sa sĂ©mantique pointue) et sont parfois proposĂ©s gratuitement (souvent avec une limite de mots Ă  traduire dans la version publique) comme Promt ou Reverso. Ils se positionnent sur les navigateurs autorisant une certaine comprĂ©hension des langues majeures du monde.

L’imperfection et les risques d’incomprĂ©hension imposent toutefois une certaine prudence et une finition pour un usage professionnel. La qualitĂ© des logiciels payants est bien sĂ»r meilleure et les fonctions plus ergonomiques et complĂštes sans ĂȘtre encore les outils idĂ©aux Ă  ce jour. L’Ă©volution est trĂšs rapide…

Modes et usages de la tech

Les cours et supports en ligne

Le site du Lab vous en présente déjà un bel échantillon !

La traduction automatique (entre autres de sites web et de mails) est un bon outil d’appoint, de comprĂ©hension globale et une aide efficace si l’on en connait les limites et les siennes. Une traduction automatique de texte, par exemple, fait gagner du temps et Ă©vite les erreurs d’Ă©criture du vocabulaire. L’utilisateur, qui doit connaĂźtre la langue, n’a qu’Ă  finaliser son texte et gagne ainsi un temps considĂ©rable. Le traducteur permet aussi d’Ă©viter de recourir, par exemple, Ă  un clavier cyrillique pour le russe (physique ou logiciel) donc Ă©conomise beaucoup de temps. Il est quand mĂȘme trĂšs recommandĂ© d’acheter une version payante pour un usage intensif.

La traduction de textes est la fonction la plus ancienne. Gratuite ou payante, elle est utilisée en tout premier lieu par les traducteurs professionnels pour un pré hachage du travail comme WordPress pour les sites, car économise du temps et réduit les coûts.

L’usage de logiciels gratuits pour une traduction « low cost » de sites multilingues semble pour un webmestre Ă©conome une bonne idĂ©e et le rĂ©sultat apprĂ©ciĂ©, mais il laisse souvent une impression bizarre au lecteur. De plus ce systĂšme est employĂ© gĂ©nĂ©ralement avec un texte unique pour les diffĂ©rentes versions linguistiques et le texte original ne permet pas une adaptation interculturelle pour chaque pays. Ce beau site discover-ukraine, qui sĂ»rement vous donnera l’envie de visiter l’Ukraine, vous donne une idĂ©e du rĂ©sultat. Pas mal, acceptable, mieux que rien diront certains. À vous de juger en fonction de votre activité ! Un gĂźte ou un simple blog, par exemple, pourront peut-ĂȘtre se contenter de cette approche.

Pour une bonne traduction, il est recommandĂ© d’Ă©crire son texte en Ă©vitant les gallicismes et produire un texte simple, linĂ©aire et aux phrases courtes, idĂ©al pour un usage commercial et susceptible de ne pas provoquer trop de distorsions lors du passage Ă  la « moulinette ».
Se mĂ©fier aussi de certains piĂšges comme la traduction de la mesure de poids « tonne » qui n’est pas Ă©quivalente selon les pays (short ton, long ton, tonne, metric ton
). Les inconvĂ©nients sont encore nombreux mais pour combien de temps ?

Un « google translate » est un outil prĂ©cieux dans la dĂ©couverte des mentalitĂ©s d’un pays avec la lecture de journaux locaux ou nationaux en direct, la recherche et l’information de prospects
 bref tout ce que vous pouvez trouver en français sur des sites francophones. L’Ăšre du monopole de l’anglais sur le web se termine en particulier avec l’apparition des noms de domaine en caractĂšres non latins et imposera une utilisation plus intensive de tels logiciels. Les petits journaux locaux notamment sont souvent utiles pour l’information sur les marchĂ©s et vos concurrents sur place. Il faut bien sĂ»r souvent un grand effort de comprĂ©hension des textes traduits.

Le mode conversationnel sur mobile ou équipements dédiés

Il est en train d’envahir la planĂšte. Gratuit ou pour un prix trĂšs faible en regard du service, il devient un outil familier pour les voyageurs et professionnels et rĂ©volutionne la communication. Il faut un peu s’appliquer Ă  prononcer clairement Ă  vitesse normale, mais ils font le boulot ! AdoptĂ©e comme une application banale dans les pays asiatiques comme une calculatrice, il semble faire l’objet de rĂ©ticences voir de mĂ©pris en France…

Un trĂšs bon usage est la veille internet. Le cout rĂ©duit permet un accĂšs plus large et immĂ©diat Ă  l’information. Le plus grand nombre de documents intĂ©ressants pour l’exportateur sont dans des langues non pratiquĂ©es habituellement (70% aujourd’hui ni en anglais ni en français) et les sites en anglais (oĂč par facilitĂ© les connaisseurs de cette langue se dirigent) de pays non anglo-saxons sont souvent l’arbre qui cachent la forĂȘt des bonnes informations et sont eux-mĂȘmes trop formatĂ©s « international ». Si vous lisez, par exemple, « Kiev post » en anglais vous n’avez qu’une version tronquĂ©e et adaptĂ©e aux prĂ©occupations anglo-saxonnes, car il s’adresse en fait Ă  une clientĂšle anglophone locale ou Ă  l’Ă©tranger (article sur le cricket, la femme d’Obama
 trĂšs loin des prĂ©occupations de l’Ukraine et avec des versions diffĂ©rentes en russe ou en ukrainien). Voir Unian ou Pravda en comparaison.

Entrainez-vous Ă  la traduction automatique !

how-ai-changing-game (Linkedin)

Le matériel (exemples)

L’appli sur mobile comme Converse

Explosion de produits qui rentrent dans les moeurs comme en Chine. Le retard français est impressionant… Exemples:

  • Translation device avec Alibaba
trans
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Recherche & études

Quelques liens du monde pour se donner des idées sur le suje

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